Les « identitaires », un nouveau totalitarisme

Ces dernières semaines, deux faits sont venus démontrer la poussée identitaire actuellement à l’oeuvre contre la République et ses fondements.

Dans les Alpes, sur le col de l’échelle, le collectif « Defend Europe », porté par les nervis de Génération Identitaire, s’est organisé en milice pour se substituer à la police des frontières et repousser eux-mêmes les réfugiés qui tentent de rejoindre notre pays. Une initiative à la communication bien rodée, celle du « happening » et de banderoles qui fournissent des images de choix à l’opinion. Une démonstration xénophobe qui foule aux pieds l’autorité de l’Etat, la souveraineté de nos frontières dont la garde devrait être assurée par la force publique et non par des groupuscules de prétendue « auto-défense ».

A Paris, les Black Blocs, et notamment le groupuscule identitaire « Riposte antiraciste populaire » ont dévoyé la manifestation du premier mai dans une action violente et cagoulée. Ils se sont attaqués à la Fête du travail et à la liberté syndicale au nom d’un soi-disant « antiracisme » et d’une lutte contre « un capitalisme sauvage, raciste, validiste, misogyne, classiste » et « le racisme d’Etat et l’hétéro-blantriarcat. ». Ils avaient prévenu sur les réseaux sociaux qu’ils viendraient dans le cadre d’un cortège « antiraciste non mixte racisé.e » (sic). Un cortège réservés à ceux qui ne sont pas blancs. Du racisme pur et simple, au nom de l’antiracisme.

Génération Identitaire et la Riposte Antiraciste Populaire tiennent en réalité le même discours : celui du séparatisme, d’une société divisible par couleur de peau et par origine, d’une République à la découpe où chaque communauté ferait primer sa loi sur l’autre. Pour l’extrême-droite de « Génération identitaire », il s’agit de fantasmer une France exclusivement blanche et catholique, imperméable à la diversité. Pour l’extrême-gauche des Blacks Blocs, il s’agit de fantasmer un Etat raciste et colonial pour alimenter un business prolétariste identitaire communautaire et ethniciste. Dans les deux cas, le racisme soutient leur idéologie, une idéologie trempée dans le totalitarisme de l’exclusion et de la violence.

Face à cela, la République et la société doivent agir avec fermeté. Nous ne pourrons pas nous contenter de déclarations homéopathiques face au poison identitaire qui se répand parmi la jeunesse. Nous ne pourrons pas nous contenter de regarder impuissants nos frontières gardées par des miliciens et nos rues saccagées au nom d’un prétendu « antiracisme ». La dissolution de ces mouvements, de tous ces mouvements, est un impératif républicain et une mesure de salubrité publique. Même si ces mouvements se reformeront sous d’autres oripeaux, la République a le devoir de leur livrer un combat sans faiblesse ni angélisme, de les désorganiser et de leur faire savoir que leur existence n’a aucun fondement légal. La LICRA a demandé depuis plus d’un an au gouvernement la dissolution de Génération Identitaire mais aussi des Indigènes de la République. Le combat antiraciste, c’est un engagement que nos représentants politiques doivent confirmer par des actes. Retirer leur identité aux identitaires, c’est sans doute le premier pas pour les faire reculer et les réduire à l’état groupusculaire dont ils n’auraient jamais dû sortir.

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