11/01/2015 – 11/01/2018 : Le combat continue

Il y a trois ans, notre pays, frappé d’effroi, relevait la tête et descendait dans la rue pour dire sa révolte, sa colère mais aussi sa résistance à l’oppression terroriste qui venait de tuer à Charlie Hebdo, à Montrouge, à l’Hypercacher. Ce fut sans doute la plus grande manifestation jamais connue dans notre pays, avec quatre millions de Français battant le pavé de nos rues, de nos villes et de nos villages. 

Trois ans après, où est passé « l’esprit du 11 janvier » ? L’unanimité, figée par le drame, semble avoir volé en éclats. L’unité nationale s’est peu à peu délitée. Ce phénomène a d’ailleurs commencé dès le mois de janvier 2015. Les Indigènes de la République voyaient dans ces élèves qui avaient bafoué la minute de silence dans les écoles des « résistants ». On a vu fleurir très vite des attitudes qui revendiquaient, par idéologie, ne pas vouloir « être Charlie ». Aujourd’hui encore, comme l’a montré la polémique opposant Edwy Plenel à Charlie Hebdo, la contestation de la laïcité et de la liberté d’expression est au coeur du débat public.

En janvier 2015, la France a basculé dans une autre époque, prenant conscience d’une menace qu’elle avait refusé de voir lors des crimes commis par Mohamed Merah à Toulouse en mars 2012. Depuis janvier 2015, la France n’a pas retrouvé la paix et les événements dramatiques qui se sont produits depuis cette date font peser sur notre pays une menace dont il faudra des années pour se libérer.

Face à cette situation, notre devoir, de républicains et de laïcs, est de retisser les liens de la communauté nationale que les terroristes et leurs idiots utiles tentent de rompre définitivement. C’est de défendre l’universalisme sans rien abandonner aux compromissions et aux lâchetés communautarismes et fondamentalistes. C’est faire revenir notre pays à la raison et aux Lumières. C’est lutter d’une manière implacable et déterminée contre la racisme et contre un antisémitisme qui, on le sait, n’a cessé de prospérer et s’est odieusement banalisé. 

Ce travail est quotidien. Il commence à l’école. Une école de la République où, de nouveau et dès le plus jeune âge, la première des exigences est de former des républicains qui comprennent le sens de mots, le fonctionnement d’une démocratie, la rigueur d’un Etat de droit, la conscience d’être des citoyens, la réalité de nos valeurs, la vertu de l’esprit critique, la liberté absolue de conscience. C’est le rôle des pouvoirs publics. C’est aussi celui de chaque citoyen de considérer qu’il détient une part de la réponse, et de responsabilité, face à ceux qui veulent mettre à bas des siècles de progrès et d’émancipation. Plus que jamais, le combat continue.

Une pensée sur “11/01/2015 – 11/01/2018 : Le combat continue”

  1. Puissent ces dramatiques évènements ne plus JAMAIS se reproduire ici et ailleurs
    Je me trouvais à Paris du 9 au 12 janvier 2015 et aussi du 13 au 17 novembre.
    Merci pour vos actions et articles

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